Marrakech :
Comme Fès, Rabat et Meknès, Marrakech a le privilège d'être une ville makhzen, c'est à dire impériale. Elle jouit également d' un prestige particulier : celui d'avoir donné son nom au Maroc. L'attraction de la prestigieuse cité fondée au XI par les Almoravides, aujourd'hui la troisième ville du royaume, s'exerce encore au delà de la barrière montagneuse du Haut Atlas, jusqu'aux confins sahariens. Marrakech est aussi la grande métropole berbère où affluent, du Haut Atlas et de l'extrémité ouest du Moyen Atlas, de rudes montagnard au type ethnique affirmé, et les gens de l'Ani Atlas et des vallées présahariennes, du Dra surtout, où le métissage avec les populations noires est parfois très marqué. La prédominance berbère dans la population explique sa grande originalité. Celle ci s'exprime particulièrement sur la place Jemma el Fna, le coeur de la ville, où se produisent conteurs, charmeurs de serpents, jongleurs et autres funambules qui transforment cette esplanade en un gigantesque théâtre de plein air.
Enfin , Marrakech s'étale largement, exposant fièrement ses richesses et s'annonçant de loin par le puissant minaret de la Koutoubia qui s'élance au dessus des remparts, tel un phare dans la plaine du Haouz.
Découvrir Marrakech : lles promenades.
1-Le tour des remparts.
Long de 19 Km, flanqués de 202 tours, percés de neuf portes monumentales, les remparts donnent une bonne idée de l'importance historique de Marrakech.
2-Le coeur de la médina :
La Koutoubia et la place Jemma el Fnaa. Jemaa el Fnaa est le coeur vivant de la ville, tout à la fois marché et lieu de spectacles en plein air ; ses couleurs et son animation sont devenues légendaires dans le monde entier. En vue de la place, la mosquée de la Koutobia, joyau de l'art hispano mauresque lance son splendide minaret vers le ciel.
3-Les tombeaux Saadiens, le palais el Badi et le mellah.
L'une des promenades le plus intéressantes sur le plan artistique. Murés par Moulay Ismail, les tombeaux Saadiens ne furent retrouvés qu 'n 1917. Le palais el Badi subit aussi les foudres du second souverain alaouite, mais ses ruines grandioses témoignent toujours de la dynastie sadienne. Tout proche, le mellah où habitait autrefois la communauté juive de Marrakech. Quant à la mosquée de la kasba, elle se distingue par son élégant minaret.
4-Le palais de la Bahia et le musée Dar Si Said.
Deux autres palais remarquables de Marrakech, construits à la fin du XIX. le Bahia est un véritable enchevêtrements de cours et d'appartements. Le Dar Si Said, de dimension plus modeste, abrite un intéressant musée d'art marocain.
5-Les souks.
Leur exploration est une merveilleuse aventure où se laisse entraîner d'une échoppe à l'autre au gré d'une foule bigarrée.
6-Le nord de la médina.
Partant de la médersa Ben Youssef, vous explorerez les ruelles étroites de cette partie de la médina , à la recherche des tombeaux des saint de Marrakech, de vieux fondouqs qui résonnent aujourd'hui de l'activité des artisans ou de belles fontaines.
7- Les jardins de Marrakech et le Guéliz.
Cette promenade vous permettra de vous détendre dans les jardins de la ville, loin de la foule et du bruit. La Mènara est une immense oliveraie très appréciée et les Marrakchis viennent y pique niquer en famille. Le jardin Majorelle, disposé autour de la demeure de l'artiste aujourd'hui transformée en musée d'art islamique, s'inscrit dans la tradition des jardins orientaux. Entre ces deux havres de verdure s'étend le Guéliz, la partie moderne de la ville, dont la construction fut décidée par Lyautey pour loger les administrations et les fonctionnaires du protectorat : certains bâtiments de cette époque sont encore visibles.
Marrakech à la carte :
Mosquées médersas.
Les mosquées ne sont pas ouverte au public mais certaines présentent des minarets et une architecture extérieure très intéressants : la moquée de la Koutoubia, avec son remarquable minaret, la mosquée Ben Youssef. Les medersas offrent une décoration raffinée qui associe bois sculpté,stucs et zelliges : parmi elles, la médersa Ben Youssef.
Les jardins.
Oasis de pais et d'harmonie au coeur du vacarme de la ville. La mènera est le plus vaste d'entre eux ; le jardin Majorelle marie avec bonheur de multiples essences exotiques; le jardin de l'agdal, planté de citronniers et d'orangers.
Les palais.
ville royale, Marrakech fut embellie par ses souverains successifs qui se firent construire de somptueuses demeures. Le palais el Badi, dont il ne reste que des ruines grandioses, témoigne de la splendeur des Saadiens ; le palais de la Bahia fut construit par le grand vizir du sultan à la fin du XIX le palais royal,édifié en 1747 et rénové par Hassan II reçoit le roi sen séjour.
L'artisanat.
Les souks, la médina... Mais aussi des musées : le savoir faire et la créativité des Marrakchis se découvrent avec les pièces exposées au Dar Si Said, un ancien palais aménagé en musée - qui doit encore être enrichi. Plus vivante et chaleureuse, la maison tiskiwin, à coté du Dar Si Said : Bert Flint, ce passionné de l'artisanat marocain, y a rassemblé une collection de tapis qui complète parfaitement celle du musée voisin.
Les souks.
Les souks de Marrakech méritent bien leur renommée. Organisé par corps de métiers, ils se visitent au gré d'une promenade qui vous entraîne vers le souk des potiers, des vanniers, des dinandiers, des teinturiers, celui des épices odorantes, le souk des tapis vendus à la criée, ou encore celui des bijoutiers, à l'atmosphère plus feutrée.
La médina.
Le coeur battant de la ville ancienne reste la place Jemaa el Fnaa, bruissant chaque après midi et jusque tard dans la nuit des appels des bateleurs, du son aigrelet des flûtes des charmeurs de serpents, des récit des conteurs... Les ruelles de la médina de Marrakech contrastent par leur atmosphère paisible,abritant maisons et jardins derrière de haut murs.
Les fontaines.
Au coeur de la médina de Marrakech, ces fontaines auxquelles s'approvisionnaient les habitants restent de véritable oeuvres d'art. La fontaine "Ghrob ou Chouf " porte une façade en bois sculpté. Le bassin rectangulaire de la fontaine el Mouassin a quant à lui bénéficié d'une restauration.
Vivre à Marrakech.
Petit déjeuner. Dans l'un des cafés de la place Abd EL Mou men ben Ali, au centre du Ghéliz, on sert café crème et croissants frais. On y lira son quotidien du matin en lézardant paresseusement sur la terrasse, sous le soleil.
Aller au hammam.
Détente et vigueur nouvelle garantis avec un bain de vapeur suivi d'un massage et d'une douche froide.
Les roses de Guéliz.
Vous rentrez en France depuis l'aéroport de Marrakech , Pourquoi ne pas ramener un souvenir odorant et coloré : une brassée de roses que vous trouverez au marché de Ghéliz. Les marchands, coutumiers du fait; vous les emballeront dans un paquet très commode que vous porterez à l'épaule comme une sorte de carquois.
Prendre un thé.
Sur la terrasse de l'Hôtel de France qui donne la place Jemma el Fnaa, en fin de journée, au moment où l'activité commence à battre son plein. Ou bien au dernier étage du café Panorama, sur l'avenue Mohammed V, à Guéliz : on y découvre l'une des plus belle vues sur Marrakech, avec au loin les hauteurs de l'Atlas qui s'enflamment au soleil couchant.
Spécial lune de miel.
En calèche au clair de lune. On ne peut rêver promenade plus romantique à travers les ruelles de la vieille ville. Et pourquoi ne pas terminer la balade à la Mamounia ou dans l'un des superbes restaurants de la vieille ville.
Escargots et panse farcie.
On mange les premiers dans des bols, debout devant les stands qui les proposent aux amateurs. La panse se sert grillée, à la table de l'une des innombrables gargotes d la place Jemma el Fna, dès le coucher du soleil.
Une autre expérience culinaire ; à la rupture du jeûne, pendant le mois de Ramadan, on dégustera l'un de ces restaurants improvisés une harira brûlante, épaisse et épicée.
Le souk des chameaux.
Tous les jeudi à la sortie de la ville en direction d'Essaouira. Ames sensibles s'abstenir : ces braves bêtes sont vendues comme animaux de bat, mais aussi comme viande de boucherie ; on les égorge tôt le matin.
Sortir le soir.
Cabaret, night clubs ... Au casino de la Mamounia ou à celui du Saadi, la chance vous permettra peut être de vous payer une chambre dans l'un de ces deux palaces.
Marrakech mode d'emploi.
Quant visiter?
La saison idéal celle ou l'on ne peut être incommodé par la Chaleur, s'étend de novembre ou décembre jusqu'en mai. Le festival de Marrakech, qui a lieu début juin, pourra clore avec bonheur un séjour au printemps.
S'orienter
La ville se divise en quartiers qui correspondent aux différentes étapes de son histoire.
- La médina, c'est la vieille cité entourée de ses remparts, son monuments le plus évident étant le minaret de la Koutoubia. En son centre , la place Jemma el Fnaa, sur laquelle s'ouvrent les souks.
- Le Guéliz, C' est la ville nouvelle, voulue par Lyautey pour ne pas modifier l'harmonie intérieure de la vieille ville. Elle est reliée directement à la place Jemaa el Fna par l'avenue Mohammed V.
- L'Hivernage qui prolonge le Guéliz au sud est limité par les remparts et les jardins de la ménara . Il date également du protectorat. De nombreux hôtels y ont été construits, aérés de grands jardins.
- Le quartier industriel s'étend à l'ouest du Guéliz, sans plan d'urbanisme précis ; il est dominé par une colline ponctuée de casernes militaires.
Se déplacer. A l'exception des souks et de la médina sont la visite n'est concevable qu'à pied, tous les monuments de la ville peuvent être atteints en voiture ou en calèche. Le stationnement ne pose pas de problème.
- Les calèches sont nombreuses à Marrakech et offrent un mode de locomotion agréable et peu onéreux, à condition toutefois de discuter les prix.
- Les petit taxis jaunes qui assurent le transport urbain appliquent aussi des tarifs raisonnables, mais qu'il vaut mieux avoir fixé avant la course.
- Il existe aussi 5 lignes d'autobus sillonnant les principales artères ; la ligne principales relie le Guéliz à la place Jemaa el Fna.
S'organiser.
Les congés hebdomadaires sont officiellement le samedi après midi et le dimanche, mais dans les souks les commerçants préfèrent baisser leur rideau le vendredi, plus tôt l'après midi Heures de fermeture quotidienne : entre 13 h et 16 h. Les musée et jardins sont ouverte tous les jours mais ferment généralement à l'heure du déjeuner puis à 18 h.
Excursions à Casablanca :
Une journée :
On se limitera à la ville ancienne en visitant le matin les tombeaux Saadiens, le palais el Badi et le palais de la Bahia. De là, on se dirigera vers la place Jemaa el Fna où il sera temps de s'octroyer un peu de repos ainsi qu'un déjeuner. On visitera au crépuscule sur la place Jemma el Fna pour se mêler à la foule des badauds qui prenne possession de l'esplanade.
Deux jours.
On pourra prendre le temps de flâner davantage ne consacrant par exemple une journée entière à la visite des souks et de la partie nord de la médina. On terminera par la place Jemaa el Fna . au moment où l'animation commence à battre son plein . Le second jour conduira au quartier des palais au sud de la médina , puis dans l'après midi vers les jardins de la ville.
Trois jours.
C'est la durée minimum pour faire connaissance avec Marrakech, pour y flâner longuement de la ville. O, pourra alors sans se presser suivre toutes les promenades proposées ci dessous , et même trouver le temps d'une incursion dans la palmeraie.
Une semaine.
Marrakech s'aura alors plus de secret pour vous. Entre les visites, on pourra s'octroyer de longs moment de détente au bord de la piscine de son hôtel. On pourra également effectuer de superbe excursions dans les environs : sur la belle et animée Essaouira, ou alors, si l'on ce craint par la chaleur, dans les terres ne visitant les cascades d'Ouzoud, la vallée de l'ourika et l'Oukaimeden.
Marrakech dans l'histoire.
Des fondateurs dédaigneux. Les origines de la ville assez confuses. Selon Gaston Deberdun, on trouverait à l'origine de Marrakech un camps créé vers 1070 par Abou Bekr, l'un des plus valeureux chefs des Almoravides, grands ,nomades sahariens de la tribu des Lemtouna. On les appelait également les Sanhadja au litham, c"est à dire au voile, car ils portaient un voile sur la partie inférieure du visage et un autre sur le front et la tête, comme les Touareg. Cette tenue leur permettait de railler les autres populations du Maghreb qu'ils qualifiaient de gobe-mouches.
Abou Bekr construire une kasba, le Qasr el Hajat, le " château de pierre ", dont les vestiges ont été retrouvés au nord de l'actuelle Koutoubia. Quant au campement groupant les tentes les Lemtouna, des gens d'Aghmat et des Masmouda de la plaine du Haouz, il fut entouré d une enceinte d'épines de jujubier.
<<Qui va à la chasse...>> Appelé au Sahara où venait d'éclater une révolte, Abou Beker confia, en janvier 1071, à son cousin Youssef ben Tachfin le soin de gouverner les nouvelles possessions almoravides. Devenu pratiquement le maître de Marrakech, Youssef ben Tachfin dut fonder immédiatement une grande mosquée dont il ne reste rien. Puis il recruta en Espagne un corps de mercenaires chrétiens et, au Soudan, deux mille soldats noirs pour constituer sa milice personnelle. lors du retour d'Abou Bekr, en 1072 ou 1073, il restait trop fermement installé pour rétrocéder à son cousin le gouvernement qui lui avait été confié.
La capitale des Almoravides. Ayant étendu son autorité sur le nord du Maroc, Youssef ben Tachfin franchit ensuite le détroit de Gibraltar pour s'assurer la possession de la plupart des principautés musulmanes de la péninsule Ibérique. Malgré sa préférence, semble t il, pour Fès, Marrakech profita largement des ses conquêtes, non seulement par l'apport de riche butins, mais aussi grâce à l'établissement de relations commerciales , avec l'Espagne notamment. A la mort du grand conquérant 1106, son fils Ali ben Youssef, souverain guerrier, pieux et lettré tout à la fois, entreprit de donner à Marrakech son visage de capitale d'un empire qui s'étendait du Sahara à l'EBRE? de l'Atlantique à Alger.
La ville s'adonna au commerce avec toutes les provinces de l'empire et son artisanat se développa. Sans avoir été aussi florissante que dans la Bagdad des Abbassides, ainsi que l'affirma le chroniqueur El Marrakchi, la vie intellectuelle y fut intense.
Les Almohades : fanatisme destructeur... On sait comment , succombant aux querelles religieuses, victime de son intempérance et de son fatalisme, la dynastie almoravides cédera la place aux intransigeants Almohades. Marrakech, peu éloignée du foyer spirituel des futurs maîtres du Maroc, sera la première victime de leurs attaques. D7S 1121, Ibn Toumert et son lieutenant Abd el Mou men y provoqueront des incidents.
Après un premier échec aux portes même de la ville en 1128 ou 1130, Abdel el Mou men entreprend une vaste ronde armée dans le nord du Maroc avant de mettre le siège devant Marrakech vers juin 1146. La ville est prise d'assaut le 23 mars 1147 et aussitôt mise à sac. Conformément aux ordres donnée par Ibn Toumert avant sa mort, les Almoravides sot exterminés, leurs sanctuaires détruits.
... et ardeur constructrice. Se parant du titre de "Prince des croyants", Abd el Mou mem s'installe dans le palais d'Ali ben Youssef. Il édifié une première Koutoubia, puis une seconde juste à coté, et crée de grade citernes et un vaste jardin. Son successeur, Abou Yacoub Youssef (1163-1184), agrandit sa capitale par l'adjonction d'un nouveau quartier abrité par un rempart se soudant à la première enceinte. On lui doit également l'aménagement d(un grand jardin, qui est sans doute l'actuel Agdal. Yacoub el Mansour ( 1184-1119), le fils aîné d'Abou Yacoub Youssef, est un infatigable bâtisseur. A partir de 1185, il dote la ville d'une nouvelle kasba qui ne comptait pas moins de douze palais, des jardins, des pavillon, des bassins, une mosquée un oratoire de plein air pour la prière publique, une kisaria, un hôpital et une place d'armes où sa cavalerie se livrait à des exercices. L'ensemble, protégé par une enceinte distincte, contribua à l'élargissement de Marrakech vers le sud.
Un nouveau centre intellectuel, L'apogée que connut la ville sous ces trois premiers souverains almohades se manifesta également dans l'industrie et le négoce par le renforcement des liens avec l'Espagne musulmane. Comme sous les Almoravides, Marrakech attira à cette époque de nombreux savants et poètes, notamment le célèbre philosophe, médecin et savant Averroès ( Mohammed iben Rochd) qui y écrivit son traité de la substance de l'univers et une partie du Commentaire moyen sur la traité " Du Ciel" il y mourut en 1198 et y fut inhumé quelque temps avant que sa dépouille ne soit transférée à Cordoue.
Le déclin. Marrakech souffrit énormément de la faiblesse des derniers souverains de la dynastie, de leurs querelles intestines, de leurs luttes fratricides et des révolutions de palais. Les Mérinides mirent à profit ces événement : après avoir méthodiquement occupé la région de Fès, ils attaquèrent la ville qui tomba en 1629. Son conquérant, Abou Youssef Abd el Haqq, n'y séjourna que deux ans transférant ensuite sa capitale à Fès.
Une capitale épisodique. Le simple rôle de métropole du Sud marocains ne convient guère à Marrakech qui tente à plusieurs reprises de se soulever contre le gouvernement central , parfois même sur l'initiative de princes mérinides comme Abou Inan, le fils d'Abou el Hassan.
En 1374, la vice royauté de Marrakech est concédée à Abd er Rahman ben Ali Ifallousin par le prétendant Abou el Abbas qui s'installe à Fès, Consacrant la division de l'empire mérinide en deux royaumes antagonistes qui se combattront pendant une dizaine d'années.
En 1521, un prince saadien, Ahmed el Araj, occupe Marrakech. Il devra cependant attendre jusqu'en 1524 pour prendre la kasbah. La cité est bien déchue mais il en fait néanmoins sa capitale. Elle deviendra celle du Maroc tout entier après que son frère Mohammed ech Cheikh, maître du Sous, puis de Fès 1549, eut décidé de s'y installer en 1554.
Après la conquête de Tombouctou 1591 , le saadien Abou el Abbas el Mansour, surnommé ed Dehbi ,fut de Marrakech sa principale résidence impériale. La ville s'enrichit de magnifiques constructions, décorées de marbre de Carrare payé,dit-on, au poids du sucre.
Sous les Alaouite, le siège du gouvernement st transféré à Fès et à Meknes. De temps à autre, quelques sultans font toutefois des séjours à Marrakech où ils marquent leur passage par d'importants travaux.
Moulay el Hassan 1873-1894 y est proclamé sultan avant d'être reconnu à fès. Son fils Moulay el Aziz y séjourne de 1895 à 1901. le palais de la Bahia fut édifié sous son règne par de ses vizirs, Ba Ahmed.
Des velléités de domination. C'est à Marrakech qu'en 1907, profitant du départ de Moulay Abd el Aziz, son frère Moulay Abd el Hafid se fait proclamer sultan du Maroc; c'est à Marrakech encore qu'en 1912, après l'abdication de Moulay Abd el Hafid, El Hiba se fait également proclamer sultan par ses partisans ( la population locale, lassée par des années de guerre civile et d'anarchie, accueillera d'ailleurs avec un certain soulagement l'arrivée des troupes françaises).
Lyautey, dans le but de sauvegarder le patrimoine architectural marocain et de séparer les populations fait appel à l'urbaniste Henri Prost. Celui çi crée à coté de la médina enserrée dans ses remparts le quartier du Ghéliz, destiné à l'admiration et aux fonctionnaires du Protectorat. Henri Prost dessine un plan en étoile aux avenues larges et plantées d'arbres au long desquelles sont élevés immeubles et maisons. Les premiers hôtels de luxe, dont la Mamounia, terminé en 1929, sont construis dans le quartier dit l'Hivernage. Le chemin de fer atteint la ville en 1928 avec des liaisons vers Casablanca et rabat. En 1930, Marrakech compte 195000 habitants et ne cesse d'attirer vers elle une population croissante.
En 1953, avec l'appui du pacha de Marrakech, le gouvernement français tente de différer l'échéance de la décolonisation et destitue le souverain régnant. Cependant en 1956, la population de la ville accueille triomphalement, comme dans le reste du pays, le retour d'exil du roi Mohammed V. Le Glaoui,décédé peu avant l'indépendance après des excuses publiques au roi, ne verra pas sa famille dispersée et ses bien confisqués.
Marrakech aujourd'hui
Un phare du touriste: Pour le tourisme qui l'approche, Marrakech vit essentiellement du tourisme. Bénéficiant d'un climat enviable toute l'année, d'une architecture remarquable et d'une grande animation, offrant une vaste palmeraie et la possibilité de belles excursions dans le Haut Atlas, La ville accueille chaque année un contingent important de touriste de passage aussi bien que de séjour. L'aéroport reçoit des vols charters directs en provenance d'Europe, et l'équipement hôtelier se place au 2ème rang du Maroc juste après Agadir.
Enfin, si les souks de la médina de Marrakech abritent de nombreuses boutiques destinées aux touristes, il suffit cependant de s'y enfoncer pour découvrir un artisanat authentique.
Les aménagements de la ville moderne. Le quartier de l'Hivernage est surtout composé d'hôtels dont les prestigieux Saadi et Mamounia, nichés dans des jardins. Le quartier du Guéliz connaît, lui des transformations permanente; certain bâtiments de l'époque coloniale sont démolis au profit d'immeubles de plusieurs étage dont la hauteur, cependant, ne doit pas excéder celle de la koutoubia. Le long de l'avenue Mohammed V s'alignent banques, entreprise et bureaux.






